Marché de l’emploi au Maroc en 2026 : tendances, secteurs qui recrutent et compétences recherchées

Données arrêtées au 10 octobre 2026. Sources officielles citées en fin d’article.

Un marché qui crée des emplois, mais qui reste sélectif

Le marché du travail marocain aborde 2026 avec des signaux plus favorables qu’il y a deux ans. L’économie a créé davantage d’emplois en 2025, la croissance a accéléré et le chômage recule selon les dernières mesures du Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Le tableau reste pourtant contrasté : jeunes, femmes et diplômés connaissent des difficultés d’insertion nettement supérieures à la moyenne, et les écarts entre régions demeurent importants. La vraie question devient : quels postes, où, et avec quelles compétences ?

Emploi et chômage : ce que disent les chiffres

2025 : une année de reprise de l’emploi

Selon le HCP, l’économie nationale a créé 193 000 emplois nets en 2025, contre 82 000 l’année précédente. Cette progression est entièrement urbaine (+203 000 postes en ville, −10 000 en milieu rural). Les services en ont fourni la plus grande part (+123 000), devant le BTP (+64 000) et l’industrie (+46 000), tandis que l’agriculture, la forêt et la pêche ont perdu 41 000 postes.

Mesuré selon l’ancienne méthode du HCP, le taux de chômage est passé de 13,3 % à 13,0 %. Les disparités restent marquées : 37,2 % chez les 15-24 ans, 20,5 % chez les femmes et 19,1 % chez les diplômés. Le sous-emploi a progressé de 10,1 % à 10,9 %.

Cette amélioration s’inscrit dans une croissance économique de 4,9 % en 2025, contre 4,4 % en 2024, selon les comptes nationaux provisoires du HCP. Bank Al-Maghrib souligne toutefois que ces créations d’emplois sont restées insuffisantes pour faire reculer nettement le chômage.

2026 : une nouvelle façon de mesurer le chômage

Depuis 2026, le HCP utilise une nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026), conforme aux normes de l’Organisation internationale du travail. Trois changements principaux :

  • L’emploi ne comprend plus que le travail rémunéré ou exercé en vue d’un profit. Les activités destinées principalement à l’autoconsommation n’en font plus partie.
  • Le chômage « strict » ne retient que les personnes sans emploi, disponibles et cherchant activement un travail. Celles qui sont disponibles sans chercher, ou qui cherchent sans être disponibles, sont exclues.
  • Quatre indicateurs complètent désormais le seul taux de chômage pour mesurer la sous-utilisation de la main-d’œuvre. L’échantillon passe en outre de 90 000 à 135 000 ménages par an.

Conséquence : le taux de 13 % de 2025 et les taux de 2026 ne sont pas comparables directement. Pour permettre les comparaisons, le HCP a recalculé, à titre provisoire, les séries 2017-2025 selon la nouvelle méthode.

Selon cette nouvelle mesure, le chômage strict s’établit à 10,8 % au premier trimestre 2026 et à 9,5 % au deuxième trimestre, contre 11,1 % au deuxième trimestre 2025 dans la série recalculée. Le recul concerne aussi les jeunes de 15-24 ans (27,2 %, contre 31,2 % un an plus tôt) et les femmes (14,8 %, contre 17,4 %). Le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre, plus large, atteint 18,9 %.

Des perspectives à nuancer

Bank Al-Maghrib prévoit un ralentissement de la croissance à 4,4 % en 2026, puis 2,9 % en 2027, avec des activités non agricoles freinées notamment par les industries extractives et manufacturières. Il s’agit de prévisions, susceptibles d’évoluer.

Les secteurs offrant des perspectives de recrutement

Industrie automobile et aéronautique

L’automobile reste un pilier des exportations, mais sa trajectoire n’est pas linéaire : selon l’Office des changes, ses exportations ont reculé de 2,7 % à fin septembre 2025 (112,2 milliards de dirhams), malgré la progression du câblage et des sièges. L’aéronautique a, elle, progressé de 8,8 % au premier semestre 2025 (14,1 milliards de dirhams).

Ces industries recherchent des techniciens de maintenance, des techniciens qualité, des automaticiens, des ingénieurs méthodes et des responsables de production, notamment dans les bassins de Tanger, Kénitra et Casablanca.

BTP et infrastructures

Le BTP a été le deuxième contributeur aux créations d’emplois en 2025. Les grands chantiers d’infrastructures, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2030, soutiennent la demande de conducteurs de travaux, de techniciens en génie civil, de métreurs et de chefs de chantier. Le secteur reste cependant marqué par la précarité : son taux de sous-emploi a atteint 21,7 % en 2025 selon le HCP.

Tourisme et hôtellerie

Le ministère du Tourisme fait état de 19,8 millions d’arrivées en 2025 (+14 %) et de recettes en devises record de 138 milliards de dirhams. Le secteur recrute en hôtellerie, restauration, réception, animation et gestion d’établissement, avec une forte saisonnalité et une exigence croissante en langues étrangères.

Offshoring et services aux entreprises

Le contrat-programme du secteur vise 130 000 emplois directs supplémentaires, dont 50 000 à l’horizon 2026. Une nouvelle « Offre Offshoring Maroc », précisée par circulaire en novembre 2025, accompagne une montée en gamme vers des métiers à plus forte valeur ajoutée : support technique, gestion financière et comptable externalisée, développement informatique, analyse de données.

Numérique

La stratégie « Digital Morocco 2030 » fixe un objectif de 240 000 emplois dans le numérique et de 100 000 jeunes formés chaque année d’ici 2030. Les besoins portent sur le développement web et mobile, le cloud, la cybersécurité, la donnée et l’intelligence artificielle. Il s’agit d’objectifs gouvernementaux, non de résultats constatés.

Énergies renouvelables et logistique

La transition énergétique (solaire, éolien, hydrogène vert) crée des besoins en techniciens électriciens, techniciens de maintenance, ingénieurs énergie et chargés HSE. La logistique recherche des gestionnaires de stocks, responsables d’entrepôt et planificateurs supply chain. Les volumes d’emplois de ces secteurs restent difficiles à chiffrer avec les données officielles disponibles.

Les métiers et compétences les plus recherchés

Au-delà des secteurs, plusieurs familles de compétences reviennent de manière récurrente :

  • Compétences techniques industrielles : maintenance, électromécanique, automatisme, contrôle qualité.
  • Compétences numériques : programmation, bases de données, outils bureautiques avancés, cybersécurité.
  • Compétences en gestion : comptabilité, contrôle de gestion, achats, logistique.
  • Langues : le français reste indispensable ; l’anglais et l’espagnol sont un atout net dans l’offshoring et le tourisme.
  • Savoir-être : autonomie, travail en équipe, communication, adaptabilité.

Quelles opportunités pour les jeunes diplômés ?

Le diplôme ne protège pas mécaniquement du chômage au Maroc. Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict atteint 16,7 % pour les titulaires d’un diplôme avancé et 16 % pour ceux d’un diplôme intermédiaire, contre 3,8 % pour les personnes sans diplôme, selon le HCP.

En 2025, les titulaires de diplômes de techniciens et cadres moyens restaient très exposés (24 % de chômage), même si leur taux a reculé de 2,3 points sur un an. Les profils Bac+2 et Bac+3 gagnent à cibler l’industrie, la maintenance, la logistique et les fonctions support, où l’expérience pratique est valorisée. Les profils Bac+5 trouvent des débouchés dans l’ingénierie, la finance, le numérique et le conseil, mais la concurrence y est plus vive.

L’OFPPT a ouvert plus de 418 000 places pédagogiques pour la rentrée 2025-2026. Son plan d’action 2026 prévoit 65 filières nouvelles ou restructurées, avec une attention particulière à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et à l’économie verte. L’apprentissage, encouragé par la feuille de route gouvernementale pour l’emploi, constitue une passerelle utile vers un premier poste.

Disparités régionales et bassins d’emploi

Selon le HCP, la région Casablanca-Settat concentrait en 2025 22,6 % des actifs et 25,5 % des chômeurs du pays. Elle reste le premier bassin d’emploi, notamment pour les services, l’industrie et la finance.

Les autres pôles majeurs sont Rabat-Salé-Kénitra (13,4 % des actifs), Marrakech-Safi (12,9 %), Fès-Meknès (11,9 %) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,6 %), cette dernière affichant le taux d’activité le plus élevé du pays (47,3 %).

Les écarts de chômage sont importants. Les taux les plus élevés concernent les régions du Sud (22,8 %) et l’Oriental (22,1 %), devant Fès-Meknès (15,1 %) et Casablanca-Settat (14,6 %). À l’inverse, Marrakech-Safi (8,1 %), Drâa-Tafilalet (8,4 %) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,4 %) affichent les taux les plus bas. La mobilité géographique reste donc un levier important pour les candidats.

Digitalisation, intelligence artificielle et transition écologique

La digitalisation transforme les métiers existants autant qu’elle en crée. En comptabilité, relation client ou logistique, l’automatisation réduit les tâches répétitives et accroît la demande de profils capables de piloter ces outils.

L’intelligence artificielle figure parmi les priorités de l’OFPPT et de la stratégie numérique nationale. Pour la plupart des candidats, l’enjeu n’est pas de devenir spécialiste, mais de savoir utiliser ces outils avec discernement. La transition écologique, enfin, crée des besoins en efficacité énergétique, gestion de l’eau et maintenance d’installations renouvelables.

Conseils pratiques pour les candidats

  1. Ciblez les secteurs et les régions qui recrutent plutôt que de multiplier les candidatures génériques.
  2. Mettez en avant des compétences vérifiables : projets réalisés, stages, certifications, maîtrise d’outils précis.
  3. Investissez dans les langues, en particulier l’anglais.
  4. Complétez votre formation par des modules courts en numérique ou en IA appliquée à votre métier.
  5. Soignez votre CV : un CV clair, à jour et adapté à chaque offre fait la différence. Vous pouvez déposer votre CV sur connections.ma.
  6. Activez des alertes emploi pour être informé rapidement des nouvelles offres.

Conseils pratiques pour les entreprises qui recrutent

  1. Rédigez des offres précises : missions, compétences attendues, localisation, type de contrat et, si possible, fourchette de rémunération.
  2. Élargissez vos critères aux profils Bac+2 et Bac+3 formés aux compétences pratiques, souvent rapides à intégrer.
  3. Misez sur l’apprentissage et la formation interne pour construire vos viviers de talents.
  4. Valorisez votre marque employeur : présentation de l’entreprise, perspectives d’évolution, conditions de travail. Vous pouvez présenter votre entreprise et publier une offre sur connections.ma.
  5. Réduisez les délais de recrutement : les meilleurs profils techniques sont sollicités par plusieurs employeurs.

Conclusion : un marché porteur, à condition de cibler

Le marché de l’emploi marocain offre en 2026 de réelles opportunités dans l’industrie, les services, le numérique, le tourisme et les infrastructures. Elles restent toutefois inégalement réparties selon les profils et les territoires, dans un contexte de croissance attendue plus modérée.

Les résultats annuels 2026 du HCP, attendus début 2027 avec les séries recalculées définitives, permettront de confirmer ou non l’amélioration observée cette année.

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Sources